Investir en Private Equity dans l’assurance-vie ou en direct ?

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L’assurance-vie est un produit d’épargne très prisé en France, offrant à la fois des avantages fiscaux et des options de gestion diversifiées.

Traditionnellement, les contrats d’assurance-vie étaient principalement composés de fonds en euros, sécurisés mais à faible rendement, et d’unités de compte investies en actions ou en obligations.

Cependant, un nouvel acteur gagne en popularité dans ce domaine : le Private Equity. Dans cet article nous étudierons les avantages de détenir cet actif dans l’assurance-vie et nous réaliserons une comparaison à la détention en direct. Dans le but que vous atteignez vos objectifs d’investissement.

Qu’est-ce que le Private Equity ?

Le Private Equity, ou capital-investissement, implique d’investir directement dans des entreprises qui ne sont pas cotées en bourse. Ces investissements peuvent inclure le financement de startups prometteuses, l’acquisition de parts d’entreprises en expansion, ou la reprise de sociétés en difficulté avec l’objectif de les redresser.

Le non côté vise généralement des rendements élevés, bien supérieurs à ceux des placements traditionnels, mais avec un niveau de risque plus élevé et une liquidité moindre.

Intégration du Pivate Equity dans l’assurance-vie

L’innovation financière et la recherche de rendement ont conduit les compagnies d’assurance à diversifier les options d’investissement offertes dans les contrats d’assurance-vie. Parmi ces innovations, l’intégration des fonds de Private Equity représente une avancée significative.

La diversification du portefeuille

L’ajout de Private Equity aux contrats d’assurance-vie permet aux épargnants de diversifier leur portefeuille de manière plus significative. Contrairement aux actions cotées en bourse, les investissements en Private Equity ne sont pas aussi sensibles aux fluctuations quotidiennes des marchés financiers. Cela peut offrir une stabilité relative et un potentiel de rendement à long terme.

La classe d’actif du non côté superforme toutes les autres classes d’actifs sur 10 ans. Cela vous permet de valoriser votre patrimoine. En contrepartie, l’inconvénient pour le client, est une plus faible liquidité. De plus, en cas de sortie anticipée (souvent avant 5 ans), l’investisseur devra supporter des frais.

Les rendements potentiellement élevés

Les investissements en Private Equity peuvent offrir des rendements bien plus élevés que les placements traditionnels. Les entreprises non cotées dans lesquelles ces fonds investissent ont souvent un potentiel de croissance rapide et des valorisations attractives.

Pour les investisseurs, cela peut se traduire par des gains substantiels, bien supérieurs aux rendements offerts par les fonds en euros ou même les actions cotées. Cela peut ainsi parfaitement s’intégrer à un objectif de préparation à la retraite.

Les avantages fiscaux de l’assurance-vie

L’assurance-vie est connue pour ses avantages fiscaux, notamment une fiscalité avantageuse sur les gains après huit ans de détention. En intégrant des fonds de Private Equity dans un contrat d’assurance-vie, les épargnants peuvent cumuler les bénéfices des rendements élevés du non côté et des avantages fiscaux de l’assurance-vie. Les gains réalisés sont soumis à une fiscalité plus légère comparée à une détention directe de parts de fonds de Private Equity. Après 8 ans en assurance-vie, le prélèvement sera de 17,2% (prélèvements sociaux) tandis qu’en direct, il s’agira de la flat tax (30% pour les fonds internationaux) et 17,2% pour les fonds européens.

De plus, si vous avez un objectif d’optimisation de la transmission. L’assurance-vie sera certainement la meilleure solution avec une absence de fiscalité jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire pour les fonds investis avant 70 ans. L’étape de l’audit patrimonial sera importante pour trouver les meilleures solutions.

La liquidité

Le véhicule du Private Equity dans l’assurance-vie est le FPCR : fonds commun de placement à risque.

Par nature, le Private Equity est intrinsèquement moins liquide que les actions cotées en bourse ou les obligations. Les investissements en Private Equity consistent généralement à acquérir des participations dans des entreprises non cotées, souvent dans une perspective de détention à long terme, souvent entre 5 et 10 ans, voire plus. Cela signifie que l’argent investi en non côté est immobilisé pour une période prolongée, rendant ces investissements moins accessibles pour des retraits rapides.

Lorsque des fonds de Private Equity sont inclus dans les contrats d’assurance-vie, ils héritent de cette illiquidité. Cela a plusieurs implications :

  • Retraits et arbitrages limités : Les épargnants peuvent rencontrer des restrictions sur les retraits ou les arbitrages impliquant des unités de compte en Private Equity. Contrairement aux fonds en euros ou aux unités de compte investies en actifs liquides, il peut être difficile de récupérer rapidement les fonds investis en Private Equity.
  • Valorisation et disponibilité : La valorisation des investissements en Private Equity n’est pas aussi fréquente que celle des actifs cotés. Les mises à jour de la valeur liquidative des fonds de Private Equity peuvent se faire trimestriellement ou annuellement, ce qui peut compliquer les transactions rapides.

Pour compenser cette illiquidité, les compagnies d’assurance adoptent plusieurs stratégies :

  • Portion limitée de Private Equity : Les assureurs limitent souvent la proportion des contrats d’assurance-vie investie en non côté. Cela permet de maintenir une partie significative du portefeuille dans des actifs plus liquides, assurant ainsi la capacité de répondre aux demandes de retrait des épargnants.
  • Fonds de fonds : Certains assureurs utilisent des fonds de fonds de Private Equity, qui investissent dans plusieurs fonds de Private Equity. Cette diversification peut offrir une meilleure gestion des liquidités en répartissant les investissements sur différents cycles de vie et stratégies de sortie.
  • Dispositifs de gestion de trésorerie : Les assureurs mettent en place des dispositifs de gestion de trésorerie pour s’assurer qu’ils disposent toujours de suffisamment de liquidités pour honorer les demandes de retrait des clients. Cela peut inclure des réserves de liquidités ou des investissements dans des actifs rapidement mobilisables.

Assurance-vie ou en direct ?

Accessibilité pour les épargnants

Historiquement, le non côté était réservé aux investisseurs institutionnels ou aux particuliers fortunés en raison des montants minimums élevés requis pour investir et des risques associés.

Avec l’intégration du Private Equity dans les contrats d’assurance-vie, ces investissements deviennent plus accessibles au grand public. Les assureurs permettent souvent des investissements dans des fonds de Private Equity avec des montants minimums plus bas, ouvrant ainsi cette classe d’actifs à un plus large éventail d’investisseurs. Ainsi, vous avez accès aux fonds de Private Equity dans l’assurance-vie pour quelques milliers d’euros. Attention, il faudra sélectionner un assureur proposant des fonds en architecture ouverture, c’est-à-dire une multitude de choix d’investissement. L’objectif sera d’investir dans différents fonds de Private Equity afin de diversifier le risque.

En direct, le Private Equity est accessible sous le format juridique du FPCI : fonds professionnels de capital investissement. Ce véhicule est accessible avec un minimum d’engagement de 100 000 €. Il est à noter que ce montant sera appelé sur une période généralement 3 ou 4 ans selon la spécificité et la maturité des fonds.

Les frais :

Si vous détenez un fonds de Private Equity dans l’assurance-vie, vous devrez payer en plus des frais sur l’assurance-vie. Vous aurez notamment des frais de gestion du contrat, des frais d’arbitrage (en cas de changement d’unités de compte) et des frais de gestion sur les unités de compte, y compris celles investies en Private Equity.

En conclusion, l’investissement en Private Equity est une source de diversification et de performance. Le choix entre la détention en direct ou via l’assurance-vie porte généralement sur votre potentiel d’investissement et vos objectifs notamment de transmission.

L’accompagnement par un conseiller en gestion de patrimoine indépendant permettra de vous aider à trouver la solution qui vous convient. Cela passe par un accompagnement patrimonial personnalisé.

FAQ

Les fonds de Private Equity se rémunèrent principalement de deux manières. Avec des frais de gestion d’environ 1,5 % à 2,5 % des actifs sous gestion annuellement. Puis à travers des frais de performance, appelés « carried interest » : environ 20 % des gains réalisés au-delà d’un rendement prédéfini.

Les principaux risques du Private Equity sont :

  • Illiquidité : Les investissements sont immobilisés sur le long terme, souvent 5 à 10 ans.
  • Risque de performance : Potentiel de pertes si les entreprises financées ne réussissent pas.
  • Risque de concentration : Investir dans un nombre limité d’entreprises peut accroître la volatilité.
  • Évaluation complexe : La valorisation des entreprises non cotées peut être moins transparente et plus difficile à estimer.

La durée de vie d’un fonds de capital-investissement, ou private equity, varie généralement de 7 à 10 ans, parfois plus. Cette période permet aux gestionnaires de fonds d’investir dans des entreprises non cotées, de les développer et de réaliser des sorties rentables.

 

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L'auteur : Fabrice Leduc

Le fondateur du Cabinet, Fabrice Leduc, appréhende le métier global des marchés financiers et de la Gestion Privée grâce à une vingtaine d’années d’expériences qui allient deux domaines clés :

1 - La rigueur et la compréhension des marchés financiers, acquise au sein de prestigieuses Inspections Générales d’établissements bancaires de rang mondial.

2 - La connaissance de la gestion de patrimoine, acquise en tant que gérant privé au sein d’un grand cabinet de Gestion Privée Parisien.

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